Le chat et la yogini

Chaque jour pendant plusieurs années j’empruntais un ferry pour me rendre au travail. Chaque jour je remerciais pour la beauté et la magnificence qui s’offraient à mes yeux: la baie de Sydney.

A force de remercier, la vie offre des cadeaux.

Je vivais alors au rez de chaussée d’un petit immeuble entouré d’arbres et de verdure. Un jour que je rentrais chez moi, j’aperçois un chat. Il me voit, me jauge, disparaît. Le lendemain, je suis devant ma porte d’entrée. Il apparaît, ronronne, se frotte à mes mollets. Je demande à mes voisins mais ce chat ne semble appartenir à personne. Il traîne dans et autour de l’immeuble depuis quelque temps déjà. Le jour suivant, le chat est là. Je lui ouvre la porte. Il fait le tour de l’appartement, mange et sort par le balcon pour disparaître dans la verdure. Même scénario les deux jours suivants. Le troisième jour, il reste.

Mais le Chat est-il un môsieur ou une dame? PetiteChat, féminin yin associé au masculin yang, lui sied à merveille. PetiteChat donc est joueur, chasseur, guerrier, plein de vie. Il rapporte fièrement ses trophés sur le balcon. Il garde férocement son territoire, fait face en poussant des miaulements de bête sauvage au ‘gros chat noir’ d’à côté.

A chat exceptionnel, nourriture exceptionnelle. Les meilleures croquettes du monde, de marque canadienne, bio bien entendu, ainsi qu’un joli panier tout douillet sont choisis pour la bête. PetiteChat s’installe dans ma vie. Les mois se suivent. Un jour je remarque qu’il ne se tient pas bien sur ses pattes arrières. Quelque chose ne va pas. Le vétérinaire local ne trouve cependant rien d’anormal.

Un voyage urgent vers la France m’oblige à le confier à Sandra, gérante d’une “Cattery” où les chats sont rois. Elle vérifie la nourriture apportée et c’est alors qu’elle révèle le scandale. Un lot entier de croquettes canadiennes a subi une erreur humaine d’irradiation à l’entrée du pays (nota: toutes les denrées alimentaires sont irradiées aux frontières). Un taux anormal de rayons entraînant une réaction chimique à l’intérieur des paquets a empoisonné les croquettes. Les chats atteints, meurent ou restent paralysés. Elle promet de s’occuper de PetiteChat du mieux qu’elle peut pendant mes trois semaines d’absence.

Au retour, c’est Anthony, le lanceur d’alerte au sujet des croquettes incriminées et vétérinaire hors norme, qui va s’occuper de PetiteChat. Dans sa boîte à outils magique, outre l’acupuncture, il utilise des plantes, des compléments alimentaires et beaucoup d’amour. L’état de PetiteChat empire d’abord et il se paralyse de plus en plus. Mais il mange. Ses yeux pétillent. Il a décidé de se battre et je le suis dans son combat. Après des semaines de traitement, Anthony parvient à le sauver mais dans la bataille, PetiteChat perd l’usage de ses pattes arrières.

S’ensuit une période de réapprentissage de la vie et d’une nouvelle façon de se mouvoir.

Le système immunitaire grièvement atteint, PetiteChat reste fragile. Dans les mois et années qui suivent, il manque de perdre la vie à plusieurs reprises. Lors d’un épisode pendant lequel son petit corps semble le lâcher à nouveau, je lui montre les arbres, la verdure, je lui dis que c’est ok, il peut partir, passer de l’autre côté du voile. Là, il pourra courir, chasser, et être le guerrier qu’il est, en toute liberté. Il me grogne dessus. PetiteChat refuse toujours de partir.

Le guerrier chasseur est devenu dépendant, peureux, mais tellement plein d’amour. Je le surveille. Je le soigne de façon constante. Je reste près de lui des nuits entières parfois. J’utilise la magie des huiles essentielles, je le nourris avec de la nourriture vraie (et non un succédanné). J’admire la ténacité de cette petite bestiole, son courage et sa capacité à s’adapter à ses nouvelles circonstances de vie.

Le temps passe. Ma vie prend soudain un nouveau tournant. Je dois partir. Je vais quitter ma petite bestiole d’amour. Impossible de l’emmener. Sa santé ne lui permet pas de supporter un si long voyage. Je lui parle. Je lui explique. Le jour de mon départ, comme un fou il miaule près de la porte. Mon coeur se brise. Le coffre de ma voiture se ferme mystérieusement à clef à trois reprises alors que j’essaie d’y déposer mes affaires.

Je pars.

Je sais qu’il ne restera pas.

Sept jours plus tard, PetiteChat perd sa dernière bataille.

Le lendemain, sur un présentoir de cartes en tous genres, je trouve cette carte (ci-dessus).

Je n’ai jamais eu aucun doute: PetiteChat m’avait choisi. Un de mes plus grands professeurs, il m’a enseigné la compassion, l’empathie, la patience. Il m’a fait travailler et développer d’arrache-pied mon intuition. C’est en le soignant que j’ai pris la décision de changer de cap professionnel dans ma vie.

* * *

J’ai toujours aimé les animaux. Ceux qui me connaissent depuis l’enfance se souviennent peut-être de La Mésange Bleue, petite association SPA locale que j’avais créée pour la défense des animaux. Mais PetiteChat m’a fait franchir un autre cap. Il m’a fait comprendre que les animaux ne sont en fait qu’une race différente de la nôtre, et non des êtres inférieurs. Ils ne parlent pas certes, mais ils communiquent différemment, par télépathie, donc à un niveau que nous ne sommes pas capables d’atteindre. Nous avons tant à apprendre d’eux.

La paix sur cette planète ne sera possible que lorsque l’humanité entière cessera la violence y compris les tueries animales. Tous les grands Maîtres le disent. Cependant, la façon dont nous traitons et tuons les animaux est déplorable, lamentable, honteuse. Il ne s’agit plus de rejeter la faute ou la responsabilité sur les gouvernements – qui ne font que refléter la conscience collective de leur peuple ceci dit – ou sur l’industrie agroalimentaire, la culture, la gastronomie. Bref, sur les autres.

Il ne s’agit plus de remettre à plus tard quand justement, il sera trop tard.

Changer sa perspective, regarder, voir, penser sous un autre angle ne sont possible qu’en élevant sa conscience en douceur. C’est dans cette douceur et cette compassion que l’on peut instaurer le changement.

 * * *

En début de cours, je demande régulièrement aux élèves de choisir une situation qui les préoccupe ou les gêne. “Regardez la sous tous les angles, sentez tout ce qu’il y a à sentir. Sans jugement, sans attachement, restez spectateur”. Suivent les respirations, les postures, la relaxation. A nouveau la situation choisie est passée en revue en fin de cours. Des sourires apparaissent sur les lèvres. Le Yoga a fait son travail. Le mental calmé s’est ouvert. De nouvelles perspectives, et donc le changement, sont possibles.

C’est la magie du Yoga.

 * * *

Gratitude à l’Univers pour ce cadeau que fut PetiteChat dans ma vie. Gratitude PetiteChat, tu as été un de mes plus grand professeur.

 

PS: oui, c’était bien un Môsieur!

 

A bientôt chers Yogis et Yoginis, sur le tapis!

 

 

 

 

 

 

 

 

Yoga Intensive: lorsque le Yoga devient votre outil

Les témoignages le confirment. Les pratiquants de yoga (tous) le disent: “je me sens mieux depuis que je fais du Yoga”,” je bouge mieux”, “mon dos va mieux”, “ma posture s’améliore” (les “bosses” diminuent nettement, voire disparaissent), “je peux me baisser pour ramasser mes chaussettes et je ne perds plus l’équilibre en enfilant mon pantalon!” (dixit un de mes élèves), “mon moral est meilleur”, “je dors mieux”, “je réfléchis mieux”, etc. (cliquez ici pour lire ma page “témoignages“).

Le Yoga fait définitivement partie de la prévention en matière de bien-être et de santé. La sagesse populaire ne le dit-elle pas? “Mieux vaut prévenir que guérir”.

D’ailleurs, à l’instar d’autres pays, les cours de Yoga devraient systématiquement être prescrits par le corps médical (et donc être remboursés).

Une semaine de ‘Yoga Intensive’ (comprendre ‘intensif’ dans le sens de régularité, et non d’intensité) permet d’installer une pratique régulière dans son quotidien.

Installer une pratique régulière, c’est créer une nouvelle habitude. Créer une nouvelle habitude, c’est au début un petit effort à faire. L’effort payant toujours, il devient vite seconde nature. Et cette seconde nature devient un besoin.

Les résultats ne se font pas attendre: un mieux-être général, une meilleure santé.

C’est ainsi que le Yoga devient votre ‘O.A.B’, votre Outil d’Aide au Bien-être, votre outil de prévention.

Cette pratique de yoga répétée sur plusieurs jours va entraîner un ‘nettoyage’ que vous pouvez choisir d’accompagner. Par exemple: boire davantage d’eau, alléger votre prise de certains aliments dits toxiniques (viandes, chocolat, sucre en général, café…), aller au lit de bonne heure (vous devrez vous lever tôt pour commencer le cours à 6h15!), lire des écrits/livres qui vous inspirent, écouter de la musique qui vous élève.

Un ‘Yoga Intensive’ créée une parenthèse de bien-être dans la vie et la routine quotidienne. S’offrir cette pratique, c’est se faire un cadeau, c’est prendre soin de soi, c’est se traiter comme vous traiteriez quelqu’un que vous aimez profondément, c’est se mettre tout en haut de la liste. Car personne d’autre que vous ne peut le faire.

Et quoi de plus sympathique que de faire cet effort avec d’autres qui, comme vous, sont sur le même chemin. Et partager ensuite autour d’une tasse de thé après le cours.

A bientôt sur le tapis,

Om Shanti,

 

 

Être bien dans son Yoga

Une élève m’a contacté récemment, exprimant sa frustration car elle ne parvient pas à faire Adho Mukha Svanasana, le chien tête en bas, appelé encore la pyramide. Et que les chats affectionnent particulièrement aussi. Elle voulait savoir si elle pouvait vraiment faire du Yoga si elle ne pouvait pas faire ce qu’elle perçoit comme une pose essentielle et basique.

En lisant son message, je me suis souvenue de toutes les fois où je me suis sentie découragée, frustrée, voire “nulle” parce que je ne parvenais pas à faire telle ou telle posture, alors que d’autres y paraissaient tout à fait à l’aise.

Une discussion avec mon mentor* de l’époque m’est alors revenue. J’arrive ce jour là à mon rendez-vous de mentoring frustrée, découragée, l’humeur maussade, triste. Mon examen pour le professorat de Yoga est dans quelques mois. Je ne me sens pas à la hauteur. “Qu’est-ce qui ne va pas?” me dit-il. “Je ne parviens pas à faire telle et telle postures. Comment vais-je pouvoir enseigner?”. Il me répond: “sais-tu que tu peux obtenir les mêmes bénéfices dans d’autres postures? Plus simples et moins challenging pour le corps?”.

La lumière au bout du tunnel étroit et obscurci de mon mental égotique m’apparut alors.

S’en sont suivies deux périodes, celle de l’acceptation de mes limitations physiques (voire mentales) et celle où j’ai cessé de me comparer aux autres. Surtout à celles qui, avec un corps de danseuse mettent la jambe derrière la tête.

Presque tous les pratiquants de Yoga passent par là, plus ou moins. Nous ne pouvons nous empêcher de nous comparer aux autres, plus flexibles ou moins flexibles. Nous n’osons pas entonner le Om parce que “ma voix est moche”, “je chante faux”. Je ne me sens pas très bien accueilli au cours. Je ne me sens pas à ma place. Je ne fais pas bien ci ou ça… et la liste peut continuer ainsi.

Avez-vous déjà ressenti cela? C’est un sentiment qui décourage beaucoup de gens – et les empêche même de pratiquer le yoga.

L’idée que l’on se fait du Yoga est souvent celle de la couverture des magazines ou des nombreuses photos de Yoga circulant sur internet. Une femme jeune, plutôt fine, est photographiée dans une posture difficile. Elle y paraît tout à fait à l’aise, un grand sourire sur les lèvres. La réalité: soit la nature l’a doté d’un corps particulièrement flexible, ou, elle est ou était, gymnaste et/ou danseuse. Autant dire une très fine minorité de la population. Une exception à la règle. La réalité du reste de la population est la suivante: les structures physiques imposent des limitations. Nous n’avons pas les mêmes os. Certains ont des têtes de fémur enfoncées profondément dans l’articulation des hanches et d’autres non, ce qui entraîne forcément des différences dans la position du corps dans les postures. D’autres ont des soucis de santé. D’autres ont des rondeurs. D’autres ont eu des blessures diverses dans leur corps. Etc etc etc… Rien de tout cela n’empêche de faire du yoga. On adapte, on modifie, c’est tout.

Pour revenir à notre Svanasana/chien tête en bas. S’il n’est pas faisable sous sa forme traditionnelle, la question est de savoir comment obtenir ses avantages d’une manière qui fonctionne pour vous (car c’est ce qui compte vraiment!). C’est cela le Yoga. On l’adapte au corps et non le contraire. Svanasana peut se faire avec une chaise, contre un mur, on peut garder les genoux sur le sol et s’étirer dans la posture du chiot. Si le problème se pose au niveau d’une ou des deux épaules, on va trouver une posture qui va étirer les ishios jambiers (arrière des jambes), la colonne vertébrale et les muscles du dos (voir ci-dessous). Et le tour est joué!

A très bientôt sur le tapis!

Om Shanti,

 

* Michael de Manincor, Directeur du Yoga Institute à Sydney, ancien Président de Yoga Australia, fondateur de la Yoga Foundation.